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Lettre ouverte de Carlos Lopez, prisonier anarchiste accusé de terrorisme (Mexique)

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Avec beaucoup d‘énergie et de rage, j’écris ces quelques lignes pour faire part de mon état actuel concernant mon enlèvement par le gouvernement du District fédéral et je crois que c’est maintenant le temps de parler un peu de certains aspects. Ma situation politique n’a pas encore été décidée. Ainsi, pour des raisons évidentes, je n’irai pas trop dans les détails afin de ne pas compromettre ma défense. Dans la nuit du dimanche 5 janvier, les camarades Fallon, Amelie et moi, avont été arrêté-e-s par des membres de la police en tant que suposé-e-s responsables d’attaques avec cocktails Molotov qui ont eu au Ministère des Communications et des Transports, ainsi que de l’incendie de plusieurs voitures d’un concessionnaire NISSAN, accusation qui tombe sous juridiction fédérale et du droit commun respectivement. Jusqu’à aujourd’hui,mercredi 8 janvier, on nous accuse de terrorisme, de crime organisé et de dommages à la propriété d’autrui.

Malgré tout, nous nous sentons bien, fort-e-s et uni-e-s. Nous avons atteint notre troisième jour de détention partagés entre questions, intimidations et mises en scènes à l’allure de feuilletons télévisés[telenoveleras] comme ce cas curieux d’une fause association pour les droits de l’homme, qui, pour être seul avec moi, m’ont dit avoir été envoyés par une camarade. Ils m’ont donné son nom ainsi que quelques caractéristiques. Au début, je les ai cru et j’ai commencé à parler à l’un d’eux, il semblait très intéressé par le cas, mais il est cepandant très facile d’identifier les méthodes utilisées par un porc(que les cochons me pardonnent) et j’ai tout de suite supposé que c’était un flic. Dans sa prétendue intention de nous défendre, il m’a montré plusieurs photos où j’apparaissais ainsi que quelques ami-e-s. “Amicalement”, il m’a demandé des noms et des spécifications, et je me suis alors dit; comment un policier peut-il vouloir agir comme un camarade si, dans son coeur, il n’y a plus de dignité ? Disont que lors de leur formation, ils sont domestiqués comme des chiens de chasse au service d’un maître, auquel ils obéissent et ne questionnent pas, agissant seulement et sans rien ressentir, se donnant un air unique de baveux et une luminosité de harcèlement malveillant dans le regard.

Personnellement, je me revandique anarchiste de praxis insurrectionnaliste. C’est-à-dire pour la rupture avec toutes les formes de domination à travers la lutte quotidienne, pensant et repensant aux méthodes et aux objectifs, se basant sur la libre volonté de l’individu à l’organisation des relations sociales de manière horizontale, en mesure de décider de nos propres vies, commençant par la destruction de nos propres paradigmes mentaux, associés à l’obéissance et à la soumission, pour transcender l’intensité du conflit de façon permanente et informelle. Je sais que la solidarité entre les anarchistes est forte comme un chêne, car elle va au-delà du simple mot.

Solidarité avec Gustavo Rodríguez, Mario González, Amelie Truedeau, Fallon Poisson, Gabriel Pombo. Felicity Ryder et tou-te-s les camarades en situation de déportation, en fuite ou en prison.

Carlos López “El Chivo”

Separos Procuraduría General de la República, Camarones, Mexico.

Texte original:
http://www.abajolosmuros.org/index.php/noticias-anticarcelarias/238-carta-publica-de-carlos-lopez-prisionero-anarquista-acusado-de-terrorismo

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This entry was posted on Saturday, January 18th, 2014 at 5:27 pm and is filed under Prison Struggle.